Albimag est aussi en braille

Chaque mois, le Centre de transcription et d'édition en braille, situé à Toulouse et créé il y a trente ans, traduit Albimag pour les lecteurs mal ou non voyants.
Albimag est aussi en braille
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Chaque mois, quand le fichier d'Albimag est envoyé à l'imprimeur, un autre est transmis à Toulouse au Centre de transcription et d'édition en braille. Le travail commence par la récupération des textes – articles, brèves, agenda – qui sont mis en page sans les photos avant la transcription en braille. Le passage de l'alphabet français au braille est assuré grâce à un logiciel. Dernière étape, l'impression des textes par des embosseuses sur du papier recto verso. Vitesse d'impression : 800 pages par heure.

« Nous utilisons un papier très épais qui facilite la lecture, et assez résistant pour ne pas être percé lors du " martelage " qui donne du relief aux caractères braille », indique Adeline Coursant, directrice du CTEB.

« Il est également assez souple pour ne pas irriter l'extrémité des doigts lors de la lecture. » Reste enfin les coupes et le façonnage avec la reliure. Au total, une semaine est nécessaire pour passer du fichier numérique d'Albimag au magazine en braille prêt à l'envoi. « Pour un numéro ordinaire, il faut compter environ une centaine de pages recto verso. »

Des machines spécifiques pour imprimer en 3D

Le CTEB s'est spécialisé en France dans l'impression et l'édition d'ouvrages (y compris illustrés) et de magazines. « Chaque année, nous éditons environ 80 romans en braille. Les romans sont ensuite imprimés à la demande. Notre objectif à moyen terme serait de proposer tous les romans récents dans notre catalogue, qui offre déjà 1 300 références, et tout cela au même prix que le format ordinaire... » Pour y parvenir, l'association reconnue d'intérêt général en 2019, compte bien faire appel au mécénat.

Le CTEB a aussi au fil du temps diversifié son activité avec la réalisation de panneaux de signalétique, de cartes de visite et de plans en braille. Il utilise alors des machines spécifiques qui donnent des textures pouvant s'interpréter par le toucher. L'une d'elles insère sur un support plat des billes d'inox qui forment les caractères en braille ou un dessin. Il existe aussi une machine de thermoformage qui permet à une feuille plastique de prendre la forme d'une maquette.

Plus technique encore, le CTEB dispose d'une imprimante 3D qui dépose une fine couche de vernis transparent en relief. Idéal pour des cartes de visite, par exemple, ou tout objet comme une coque de téléphone ou une clef USB.

Pour l'anecdote, le CTEB a travaillé avec la médiathèque d'Albi qui lui a confié la réalisation de la Mappa mundi en relief . Un outil ingénieux pour présenter cette carte de douze siècles au public malvoyant.
www.cteb.fr

L'histoire du CTEB

Elle commence en 1966 avec Monique Truquet, ingénieur à l'université Paul Sabatier à Toulouse qui avait travaillé sur un logiciel de transcription français – braille. Dix ans plus tard, elle s'associe avec la société Sagem qui développe un terminal braille permettant d'imprimer des documents. Des entreprises, notamment des banques, souhaitèrent utiliser cette technologie. Il faudra attendre 1989 pour que le Centre de transcription et d'édition en braille démarre son activité dans des locaux mis à disposition par la ville de Toulouse.

Des lecteurs albigeois

Jacques et Michèle Méau reçoivent Albimag en braille depuisque la mairie d'Albi a décidé de le faire transcrire. « C'était à la fin des années 80. Je faisais à l'époque partie de la commission extra-municipale handicap et j'en avais fait la demande », explique Michèle.

Chaque mois, le journal arrive par la Poste sous forme de deux ouvrages épais contenant l'intégralité des articles. « Nous sommes heureux de le recevoir et de le lire ensemble. Nous nous intéressons particulièrement aux actualités, aux projets, mais aussi aux articles sur le patrimoine et l'histoire. »

Pour Anne-Marie Niéto, conseillère municipale déléguée aux personnes en situation de handicap, « communiquer vers tous les publics l'information albigeoise est un devoir pour la collectivité. En rendant accessible le contenu d'Albimag aux personnes mal ou non voyantes, cela leur permet d'être pleinement intégrées à Albi. »

Le braille

Il s'agit d'un système de lecture et d’écriture pour les aveugles, constitué de points en relief. Baptisé du nom de son inventeur Louis Braille, il est constitué d’une série de points en relief. Un caractère contient de un à six points placés sur deux colonnes de trois rangées. Il existe de nombreux caractères braille qui représentent des lettres de l'alphabet, mais aussi des chiffres et des ponctuations.