Classés ou inscrits ?

La ville d’Albi compte 38 monuments historiques. Certains sont classés, d’autres inscrits… Quelle différence ? On a enquêté. Explications.
Sainte-Cécile a été classée monument historique en 1862.
Date

La cathédrale Sainte-Cécile ? Classée. Le Palais de la Berbie ? Classé. L’hôtel Rochegude et l’hôtel de ville ? Inscrits. Si la confusion est souvent commise, il y a pourtant bien des différences entre un monument classé aux monuments historiques et un monument inscrit. Deux types de protection existent ainsi : sont classés les monuments dont la conservation présente, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public majeur. Sont inscrits les immeubles qui, sans justifier une demande de classement immédiat au titre des monuments historiques, présentent un intérêt suffisant pour en rendre désirable la préservation… Nuance donc. Autre détail important : le classement s’effectue à un niveau national alors que l’inscription s’opère à un niveau régional. Dans les deux cas, il fait suite généralement à une demande du propriétaire. Celui-ci s’adresse à la Direction régionale des affaires culturelles qui instruit le dossier et peut proposer au ministre de la Culture une mesure de classement, ce qui fait l’objet d’un arrêté ministériel, ou inscrire l’immeuble au titre des monuments historiques. La décision est alors notifiée par le préfet de région. Outre l’intérêt de sauvegarder ce patrimoine, le classement et l’inscription permettent de bénéficier de subventions (représentant un pourcentage du coût des travaux pour les monuments inscrits et classés). Il y a donc un intérêt pour un propriétaire d’avoir un bâtiment protégé, même si les contraintes en termes de restauration peuvent être importantes.

LES 8 MONUMENTS HISTORIQUES CLASSÉS :
la collégiale Saint-Salvi, la cathédrale,le Palais de la Berbie, le Pont-Vieux, Notre-Dame -de-la-Drêche, l’immeuble du 8, rue Mariès, l’hôtel Reynès et la Maison Enjalbert (rue Timbal).

Classés totalement ou partiellement

Pour les édifices classés comme ceux inscrits, la protection peut concerner l’ensemble du bâtiment ou seulement des parties. C’est le cas par exemple de la plupart des immeubles inscrits qui n’ont que leurs façades de protégées. Le Théâtre des lices est inscrit pour ses façades et sa toiture mais aussi pour sa salle de spectacle, son foyer et son dispositif scénique. Quoiqu’il arrive, la loi prévoit que l’édifice ne peut pas être détruit, même en partie, ni faire l’objet de travaux de réparation, de restauration ou de transformation sans l’accord préalable de la Direction régionale des affaires culturelles, représentant le ministère de la Culture. Qu’il soit inscrit ou classé, le propriétaire des lieux doit suivre une procédure bien encadrée. Depuis 1943, la loi a instauré un périmètre de 500 mètres autour des monuments protégés, mais celui-ci peut être variable sur certains sites. Des travaux extérieurs effectués dans ce périmètre sont ainsi soumis et suivis par l’architecte des bâtiments de France. Dans le centre historique d’Albi, tous les immeubles sont donc concernés !

« Les objets mobiliers, soit meubles proprement dits, soit immeubles par destination, dont la conservation présente un intérêt public au point de vue de l’histoire, de l’art, de la science ou de la technique, peuvent être classés au titre des monuments historiques (art. L. 622-1 du Code du patrimoine) ou, s’ils présentent un intérêt suffisant pour en rendre désirable la préservation, être inscrits au titre des monuments historiques (art. L. 622-20 du Code du patrimoine)… »

Et les objets ?

Les objets mobiliers peuvent faire également l’objet d’une protection au titre des monuments historiques. À Albi, on compte environ 180 objets ou ensemble d’objets protégés. Il s’agit souvent d’objets ou de mobiliers à caractère religieux : tableaux, statues, autels, cloches… C’est le cas aussi des stalles du choeur des chanoines à Sainte-Cécile ! Les orgues d’Albi sont aussi classées au titre des monuments historiques. L’orgue de la cathédrale Sainte-Cécile est classé depuis 1862 pour son buffet et 1974 pour sa partie instrumentale. Idem pour l’orgue de Saint-Salvi, classé depuis 1943 (pour son buffet) ou encore celui de l’église Saint-Joseph depuis 1981. Tous les trois font partie des 1 400 orgues de France protégés au titre des monuments historiques.

Une histoire des monuments historiques

En 1837, la Commission des monuments historiques est créée. Les préfets reçoivent pour instruction de classer par ordre de priorité les monuments prioritaires pour recevoir des aides en vue de leur conservation. Un inventaire est alors réalisé pour recenser les monuments remarquables. En 1887, une législation pour la conservation et des monuments et des oeuvres d’art est mise en place. Elle donnera lieu au vote d’une loi en 1913 dont les éléments seront repris dans le Code du patrimoine. Aujourd’hui, la France compte près de 45 000 immeubles protégés au titre des monuments historiques dont plus de 14 000 classés, ainsi que 300 000 objets mobiliers et 1 400 orgues. 30 % des monuments historiques sont des édifices religieux, un tiers relève de l’architecture domestique et près de la moitié sont des propriétés privées.

Par arrêté du préfet de région du 18 octobre 2018, le monument aux morts d’Albi est désormais inscrit au titre des monuments historiques. Il vient rejoindre la liste des monuments inscrits comme la Maison Fenasse (près du marché couvert), le théâtre municipal, la Vermicellerie, les immeubles 1 et 8 rue de la Grand’Côte, le lycée Lapérouse, l’église de Rayssac ou encore les châteaux du Go et de Cantepau. À noter qu’il n’y a à chaque fois que des parties bien précises des bâtiments qui sont inscrits.

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Contact.

Service patrimoine
16, rue de l’hôtel de ville
Tél : Tel : 05 63 49 11 95

Informations.

[À SAVOIR]
Le Tarn compte 271 monuments historiques et 147 sites et monuments naturels, 5 zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager et un secteur sauvegardé : celui d’Albi.

Le monument classé en premier à Albi est, non pas la cathédrale ou le Palais de la Berbie, mais la collégiale Saint-Salvi en 1846 (mais son cloître en 1922). Les deux monuments phare d’Albi le sont quelques années plus tard, en 1862, en même temps que l’hôtel Reynès. Le dernier classé est Notre-Dame-de-la-Drêche en 1995. Le monument inscrit en dernier est le temple protestant en 2015.

Cloître Saint Salvi

L’inscription de l’hôtel Rochegude en 1986 concerne les façades et les toitures ainsi que les terrasses et le porche d’entrée. L’escalier intérieur du XVIIe siècle est également compris ainsi que… les caves voûtées avec leurs éléments subsistants (four à pain, cheminée double, évier en pierre, cellier et citerne)…

Les caves