Détecter très tôt les troubles du spectre autistique

Les troubles du spectre autistique touchent 1% de la population. À Albi, plusieurs structures existent pour accompagner ces personnes. Rencontre avec le docteur Thierry Maffre, médecin pédopsychiatre à la Fondation du Bon Sauveur et directeur du Centre de ressources autisme Midi-Pyrénées.
Détecter très tôt les troubles du spectre autistique
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Que pensez-vous de la prise en charge des autistes à Albi ?

« Globalement, on peut dire que l'offre d'accueil et de prise en charge des jeunes autistes est bonne et diversifiée à Albi, ce qui n'est pas vrai partout. Les dispositifs sont qualitatifs, même si d'un point de vue quantitatif, ils sont parfois saturés. Il y a une véritable mobilisation pour détecter le plus tôt possible les troubles du spectre autistique. Dans cette optique, une Unité d'évaluation de proximité pour enfants de 0 à 3 ans a été créée cet été au Bon Sauveur. Il s'agit d'une plate-forme de dépistage de l'autisme et des troubles neuro-développementaux. »

Quel est son but ?

« Elle aide au diagnostic et à l'évaluation des enfants et propose des informations et de la documentation sur l'autisme et les autres troubles envahissants du développement. Il s'agit d'orienter ensuite les enfants vers la structure la mieux adaptée à leurs besoins. L'équipe est composée de deux médecins, d'une infirmière et d'un travailleur en économie sociale et familiale. Ce dispositif permet de coordonner et de mutualiser les moyens mis en oeuvre et d'apporter une réponse aux parents qui sont pleinement impliqués dans la démarche. »

Quelle évolution constatez-vous ces dernières années dans le domaine de l'autisme ?

« Je note la tendance forte à ce que les jeunes intègrent des dispositifs situés en milieu ordinaire. On le voit, par exemple, avec les deux unités d'enseignements maternelle et élémentaire existant à Albi. La scolarisation est un droit et peut être la plupart du temps envisagée, que ce soit sur une longue durée ou pas, quelles que soient les capacités cognitives des enfants. On peut d'ailleurs se réjouir que de plus en plus de jeunes autistes arrivent au bac voire suivent des études supérieures, même si cela nécessite souvent la présence d'une aide à la scolarité pour les élèves en situation de handicap. »

Et qu'en est-il des adultes ?

« En France, si la prise en charge a plutôt bien évolué dans le champ de l'enfance, cela reste encore difficile pour les adultes. Le Bon Sauveur comprend une unité d'hospitalisation pour jeunes adultes autistes déficients qui présentent une certaine dépendance. À court terme, ces adultes seront intégrés à la Maison d'accueil spécialisée. Pour les adultes, un service est envisagé pour accompagner ceux qui le peuvent vers l'emploi. L'idée est de favoriser l'insertion professionnelle en milieu ordinaire. »

Un enfant sur cent

L'autisme fait partie des troubles neuro-développementaux qui se manifestent par des particularités dans différents domaines (cognition, langage, motricité, interactions sociales…). Il se classe parmi les troubles envahissants du développement (TED), caractérisés par des altérations des interactions sociales et des modalités de communication, ainsi que par un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) parle aujourd’hui de « troubles du spectre de l’autisme » (TSA) pour présenter la diversité des profils des personnes autistes. Ces troubles concernent environ un individu sur 100, et de trois à quatre fois plus de garçons que de filles.*