
Les petites histoires d'Albi
La collégiale Saint-Salvi, dont les parties les plus anciennes ont plus de mille ans, a traversé les siècles.
Si la cathédrale lui fait un peu d'ombre en matière de patrimoine, elle n'est pas boudée par les visiteurs et les Albigeois qui la (re)découvrent au fil de ses restaurations.
Certains apprécieront les détails qui passent parfois inaperçus comme ces pierres tombales visibles au sol. Elles rappellent l'importance pour les chrétiens au Moyen Âge d'être enterrés au plus près des reliques, ici, celles de saint Salvi.
Une dalle funéraire retient notre attention. C'est celle de Dominique Dourde située devant le confessionnal à l'entrée de la collégiale côté cloître. Elle est datée de 1725 (il a donc vécu le voeu des consuls de 1720, comme on peut le lire sur la pierre gravée.
Point étrange, elle comporte les symboles des cartes à jouer. Il s'agit en fait d'un clin d’oeil au métier de Dominique Dourde qui était... fabriquant de cartes à jouer ! Mystère élucidé.
Quant au lieu d'habitation de cet artisan albigeois, on pourrait imaginer qu'il ne vivait pas très loin puisqu'une maison rue Sainte-Cécile comprend sur ses volets du premier étage un coeur et un carreau… Coïncidence,sans doute…
Cette dalle funéraire est sans doute l'une des dernières à avoir été posée dans la collégiale. L’accumulation des corps dans les églises et dans les cimetières situés autour posait en effet des problèmes d'insalubrité dans les centres-villes sans compter les épidémies courantes à l'époque.
Après de vives protestations de la population, le roi Louis XVI interdit en 1776 les inhumations dans les églises (et autour !).
La dalle a été inscrite en 1974 sur l'inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés parmi les monuments historiques. Sept autres dalles datées du XVIe au XVIIIe siècle sont ainsi protégées dont celles d'ancêtres de Lapérouse, du premier consul du Castelviel, de marchands et d'un chanoine.
D'autres non identifiées perdurent et continuent d'intriguer les visiteurs qui les aperçoivent. La question récurrente est la suivante : y a-t-il vraiment des gens enterrés en dessous ?
Les travaux de restauration ou plutôt de modernisation de la collégiale réalisés au XIXe siècle ont peut-être fait disparaître les corps et un certain nombre de dalles… Il est même possible que certaines d'entre elles aient été déplacées... Il est certain en revanche qu'en 1968, lors du chantier d'installation de la chaudière dans une cave voûtée située sous la chapelle Saint-Augustin, un ossuaire fut redécouvert. Il provenait probablement de l'ancien cimetière situé autour de l'église, notamment place Saint-Salvi et dans le cloître...
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